Brève

Le Japon vend des Mitsubishi à l’Iran !

Mitsubishi-Regional-Jet-MRJ
Publié par Tyler Birth

La République Islamique d’Iran continue de faire parler d’elle dans le milieu de l’aviation. Dernière nouvelle en date : le pays a montré beaucoup d’intérêt pour l’avion régional produit par la firme japonaise Mitsubishi Aircraft Corporation.

Depuis la levée des sanctions économiques qui maintenaient le pays dans une situation morose, les annonces de contrats mirifiques se succèdent : Airbus et ses A380, Boeing et ses 747-8i.

Malheureusement pour les économies iraniennes, françaises et américaines, la Chambre des Représentants des Etats-Unis a récemment fait passer un texte de loi qui pourrait conduire à l’impossibilité de finaliser ces contrats à cause de la présence de pièces américaines dans tous les avions concernés.

Une commande japonaise ?

Mitsubishi Aircraft Corporation est un consortium de grandes entreprises japonaises, fabricant du MRJ : un jet regional de capacité 70 à 90 passagers selon la version.

Les commandes en cours (backlog) de cet avion ne décollent pas vite, et l’industriel japonais montre de grandes difficultés à convaincre de l’intérêt réel de son appareil face aux géants Embraer et Bombardier.

L’accord n’a pas encore été finalisé mais le ministre iranien des transports Asghar Fakhrieh-Kashan en confiait les termes à l’issue de sa récente visite au Japon.

La commande serait double et concernerait Iran Air et Aseman Airlines. Pour la première : 80 MRJ70 et pour la seconde : 25 MRJ90 dans un premier temps. En effet à terme c’est Aseman qui pourrait être la plus grande compagnie opératrice compte tenu de son identité davantage régionale qu’Iran Air et dont la flotte est vieillissante à l’image de ce Fokker 100.

Les nerfs de la guerre.

Le financement est le point le stratégique. L’Iran n’est à ce jour pas encore pleinement capable de financer ces projets coûteux. Du coup, l’accord entre les deux pays viserait à faire financer cette acquisition par le Japon qui pourrait du coup consentir à un prêt de quelques 10 milliards de dollars qui devraient permettre de financer 25 avions dont le coût unitaire s’élève à 40 millions de dollars – au prix catalogue, selon la version, et avant négociations.

Autre problème : les MRJ sont propulsés par des réacteurs Pratt & Whitney, un motoriste américain… Ce composant majeur de l’avion pourrait du coup à lui seul bloquer le deal à l’image d’Airbus et Boeing si le Congrès américain s’entête sur sa position de blocage.

Conclusion.

Les contraintes réglementaires ne relèvent que très peu du domaine de l’aviation et il semble que la levée des sanctions cet hiver ne soit que la première étape d’un long processus. La Russie de son côté a bien avancé sur son Irkut MC-21 dont la motorisation pourra être 100% russe ! Il n’est pas absurde de penser que l’immobilisme occidental ne finisse par lui bénéficier au détriment des chaînes de montage européennes et américaines….

Mitsubishi.

Cette commande de MRJ pourrait être un vrai bol d’air pour Mitsubishi dont le carnet de commande n’évolue que lentement. Certes, le consortium emmené par le géant industriel Mitsubishi Heavy Industries n’est pas dans une situation inquiétante, mais la saturation du marché régional ne joue pas vraiment en sa faveur.

Officiellement, près de 250 MRJ ont été vendus. Pour le moment les deux commandes les plus importantes sont placées chez deux compagnies régionales américaines opérant des vols pour Delta, American et United : SkyWest et Trans States Holding (Compass, GoJet…) avec des commandes respectives de 100 et 50 avions. Si la commande d’Aseman Airlines devait se finaliser, il s’agirait de la première commande de MRJ70, la version courte du Mitsubishi.

Mais rien n’est définitif et le paradigme géopolitique aura bien changé d’ici à 2018, l’année prévue du premier vol commercial de cet appareil.

A propos de l'auteur

Tyler Birth

Tyler Birth est blogueur, consultant et accro aux programmes de fidélité des compagnies aériennes et des chaînes hôtelières. Il parcourt les quatre coins du globe, à raison d'une centaine de vols par an en classes "avant" afin de proposer à ses lecteurs des reportages axés sur le secteur du transport aérien et de l'hôtellerie haut de gamme et ainsi en présenter les nouveautés !

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